- Mar 4, 2026
IA et R : 4 façons concrètes d'appeler les LLM dans un workflow
- Jean Paul Maalouf
- 0 comments
Les modèles de langage (LLM) comme ChatGPT ou Claude peuvent devenir de véritables assistants pour les statisticiens travaillant avec R.
Mais leur usage ne se limite pas à poser des questions dans une interface web.
Il existe aujourd’hui plusieurs manières d’intégrer l’IA dans un workflow R, allant de la simple réflexion méthodologique jusqu’à l’automatisation de certaines tâches dans un pipeline de données.
Voici quatre modalités concrètes pour appeler l’IA dans un environnement R, que j’utilise ou que je vois apparaître dans les métiers de la statistique et de la data science.
1️⃣ Utiliser l'interface web de ChatGPT ou Claude pour structurer un raisonnement statistique
La manière la plus simple d’utiliser un LLM en statistique consiste à passer par une interface web (ChatGPT, Claude, etc.).
Dans ce cas, l’IA agit surtout comme assistant de réflexion.
Elle peut par exemple aider à :
Clarifier le choix d’une méthode statistique
Comparer plusieurs approches d’analyse
Structurer un plan d’analyse reproductible
Reformuler des résultats pour un rapport scientifique
Exemple de prompt :
Je travaille sur un essai clinique randomisé comparant un traitement à un placebo.
Outcome : rémission à 6 mois (0/1).
Covariables : âge, sexe, centre hospitalier.
Propose une stratégie d’analyse statistique et explique si un modèle mixte est pertinent.
Dans ce cas, le LLM agit surtout comme un outil de structuration intellectuelle.
2️⃣ Utiliser l’autocomplétion IA pour écrire du code R plus vite : GitHub Copilot
Une deuxième façon d’utiliser l’IA consiste à passer par l’autocomplétion de code dans un IDE comme RStudio ou VSCode.
Des outils comme GitHub Copilot peuvent générer du code R à partir d’un simple commentaire.
Exemple :
# Ajuster un modèle logistique pour prédire la rémission à 6 mois
# Variables explicatives : traitement, âge, sexe
# Effet aléatoire : centre hospitalierL’IA peut alors générer automatiquement une structure de code telle que :
library(lme4)
model <- glmer(remission ~ treatment + age + sex + (1 | center),
data = data_clean,
family = binomial)
summary(model)Ce type d’outil agit surtout comme accélérateur d’écriture de code.
3️⃣ Utiliser un assistant projet (VSCode + IA) pour refactoriser un projet R
Une étape au-dessus de l’autocomplétion : les assistants projet intégrés à VSCode peuvent travailler à l’échelle d’un projet complet. Cette utilisation est plutôt réservée pour un usage expert.
Contrairement à l’autocomplétion classique, l’IA peut ici :
Lire plusieurs fichiers du projet
Modifier la structure globale du code
Proposer des refactorisations importantes
Par exemple, l’IA peut :
Transformer un script d’analyse en fonctions réutilisables
Restructurer un projet R en dossiers (
R/,data/,output/)Convertir un projet en rapport Quarto
Aider à structurer une application Shiny
Exemple de demande :
Voici mon script d’analyse.
Peux-tu le refactoriser en fonctions, améliorer la lisibilité et créer une structure de projet R propre ?
⚠️ Limite importante : comme l’assistant peut modifier beaucoup de fichiers, il faut vérifier attentivement les changements et idéalement travailler avec Git.
4️⃣ Intégrer un LLM directement dans un pipeline R via une API
Une utilisation plus avancée consiste à appeler un modèle de langage directement depuis R via une API.
Cela permet d’intégrer l’IA dans :
Un pipeline d’analyse
Un outil interne
Une application Shiny
Un workflow automatisé
Par exemple pour :
Générer automatiquement un résumé statistique
Reformuler des résultats pour un rapport
Produire un texte explicatif pour des non-spécialistes
Cette approche nécessite généralement :
Une clé API
Un package R pour interagir avec le modèle (exemple : chattr)
Un peu d’architecture logicielle
Mais elle ouvre la porte à des usages beaucoup plus automatisés de l’IA dans les workflows data.
Comparatif des différentes façons d’utiliser l’IA avec R
Voici un résumé des principales modalités d’usage. R et IA
IA et R : un accélérateur pour le statisticien, pas un décideur
Les LLM peuvent écrire du code plus vite que nous et aider à structurer un raisonnement statistique.
Mais ils ne remplacent pas l’expertise humaine.
Un modèle de langage :
Ne comprend pas réellement le contexte scientifique
Ne valide pas les hypothèses statistiques
Peut produire du code plausible mais incorrect
Peut halluciner des fonctions ou des méthodes
L’IA peut donc augmenter la productivité d’un statisticien, mais le jugement méthodologique reste humain.
Envie d'en apprendre plus ?
- 288 €
Statistiques avec R : formation complète
- Cours
- 80 Leçons